École de journalisme : les formations reconnues par la profession

Parmi la trentaine d’écoles qui forment au journalisme en France, toutes ne se valent pas aux yeux des rédactions, et beaucoup de familles découvrent trop tard que le diplôme choisi n’ouvre pas les mêmes portes qu’un autre. Les écoles de journalisme reconnues obéissent à une liste officielle tenue par la profession elle-même, loin des palmarès publiés par les magazines. Entre un BUT, un master universitaire et une école privée, le niveau d’entrée, le coût et les débouchés changent du tout au tout.
En bref
- Seize cursus sont reconnus par la profession en 2026, d’après la Commission paritaire nationale de l’emploi des journalistes (CPNEJ) : deux BUT, neuf masters universitaires, trois écoles privées et deux grands établissements.
- La reconnaissance est accordée pour 4 ans renouvelables à un cursus précis, et non à une école entière ; elle est annexée à la convention collective nationale des journalistes.
- On y entre sur concours à bac+3 (bac+2 pour l’école de Toulouse), avec le bac seul pour les deux BUT, et les admis ont très souvent bac+4 ou bac+5.
- Passer par une école reconnue n’est pas obligatoire : la plupart des journalistes n’ont pas suivi l’une de ces formations, selon l’Onisep.
Quelles sont les écoles de journalisme reconnues par la profession ?
Seize formations sont reconnues par la CPNEJ en 2026, réparties entre universités, écoles privées et grands établissements. L’Onisep les regroupe par type de cursus.
| Type de formation | Niveau de sortie | Établissements |
|---|---|---|
| BUT information-communication, parcours journalisme | Bac+3 | IUT de Lannion, IUT de Nice Côte d’Azur (site de Cannes) |
| Masters universitaires de journalisme | Bac+5 | Celsa (Sorbonne Université), CUEJ (Strasbourg), Cergy Paris Université, EJCAM (Aix-Marseille), EJDG (Grenoble), EPJT (Tours), IFP (Paris-Panthéon-Assas), IJBA (Bordeaux Montaigne), master de l’université de Lorraine (Metz) |
| Écoles privées, diplôme d’école | Bac+5 | CFJ (Paris), EJT (Toulouse), ESJ (Lille) |
| Grands établissements, grade de master | Bac+5 | Sciences Po Paris, IPJ (Paris-Dauphine) |
La liste officielle à jour est publiée sur le site de la CPNEJ, qui compte 16 cursus reconnus en 2026, écoles publiques et privées confondues. Elle précise aussi la durée de chaque cursus : deux ans pour la plupart des masters et des diplômes d’école, trois ans pour les deux BUT.
Que signifie « reconnue par la profession » ?
Une école reconnue est un cursus que les partenaires sociaux du secteur ont validé, pas une école classée par un magazine. Le site de la CPNEJ précise que la reconnaissance ne s’applique qu’à un parcours pédagogique spécifique, présenté lors de la demande, pour 4 ans renouvelables.
Cette reconnaissance est annexée à la convention collective nationale de travail des journalistes et ouvre droit notamment à des avantages liés à la carte de presse. Une même école peut donc proposer un diplôme reconnu et d’autres qui ne le sont pas : il faut regarder l’intitulé exact du cursus, et non seulement le nom de l’établissement.
L’Onisep énumère les atouts concrets de ces formations : un carnet d’adresses nourri par des professionnels en activité, des stages parfois exclusifs à certaines rédactions, du matériel technique adapté (micros, caméras, logiciels de montage et de mise en pages) et un diplôme reconnu par l’État et apprécié des employeurs. Cela facilite l’insertion, sans garantir un contrat à durée indéterminée.
Comment entre-t-on dans une école de journalisme reconnue ?
On y entre sur concours, à bac+3 dans la plupart des écoles et à bac+2 pour l’école de journalisme de Toulouse. Les deux BUT font exception : ils s’obtiennent avec le bac, par la plateforme Parcoursup, après examen du dossier, tests écrits et entretien.
La sélection est très forte : les admis ont très souvent un niveau bac+4 ou bac+5, et les candidats au BUT ont souvent déjà accompli une ou deux années après le bac. Les concours comportent plusieurs épreuves, comme un test de connaissance de l’actualité, un écrit de culture générale, une synthèse de documents, une rédaction d’article, une enquête-reportage, des langues vivantes et un entretien de motivation.
Certaines écoles ont leurs propres règles. Le CFJ demande d’abord de remplir un dossier d’admissibilité en ligne, avec un questionnaire de motivation, des exercices de collecte d’informations et de rédaction, puis organise des épreuves d’admission. L’IFP exige d’avoir déjà effectué un mois de stage dans une rédaction pour s’inscrire au concours.
Comment sont organisées les études de journalisme ?
Les écoles reconnues proposent des cursus de 2 ou 3 ans, centrés sur les techniques du métier. Le programme couvre l’écriture journalistique, la conception de journaux radiophoniques ou télévisés, le reportage et l’enquête, le secrétariat de rédaction, mais aussi la déontologie, le droit de la presse, l’économie et la géopolitique.
Plusieurs stages sont prévus dans différents types de médias (radio, télévision, presse, web), parfois à l’étranger, ainsi qu’un mémoire de fin d’études. L’anglais est obligatoire. Une spécialisation par support ou par thème peut intervenir en cours de cursus ou à la fin.
Combien coûtent les études dans une école de journalisme ?
Le coût varie de quelques centaines d’euros dans le public à plusieurs milliers d’euros par an dans le privé. L’Onisep distingue quatre situations, chiffrées en 2026.
| Type d’école | Frais annuels indiqués |
|---|---|
| Écoles publiques | Droits d’inscription universitaires, 243 € en master |
| EJDG (Grenoble), cursus conjoint avec l’IEP | 1 300 € par an |
| Écoles privées reconnues | De 1 000 € à 9 000 € par an environ, avec possibilité de bourses |
| Écoles privées non reconnues | 7 000 € par an, voire plus |
Certaines écoles modulent leurs droits selon les ressources du foyer fiscal des parents. Ces montants sont des ordres de grandeur : le tarif exact se vérifie auprès de chaque établissement.
Faut-il une école reconnue pour devenir journaliste et obtenir la carte de presse ?
Non, une école reconnue n’est pas une obligation : la plupart des journalistes n’ont pas suivi l’une de ces formations. Ils sont souvent titulaires d’une licence en histoire, information-communication, lettres, économie, droit ou science politique, puis d’un master en journalisme ou en information et documentation. D’autres sont passés par un institut d’études politiques ou par une école privée non reconnue. L’Onisep conseille un niveau bac+5 pour acquérir la culture générale indispensable au métier.
La carte de presse dépend de l’activité exercée, non d’un diplôme. Elle est attribuée par la Commission de la carte d’identité des journalistes professionnels (CCIJP) à une personne qui exerce le journalisme à titre principal, de façon régulière et rémunérée, et en tire l’essentiel de ses revenus (article L7111-3 du code du travail). Pour une première demande, il faut une activité journalistique depuis au moins trois mois consécutifs et un salaire au moins égal au Smic versé par un organe de presse. La carte est incompatible avec les statuts d’agent de publicité, de chargé de relations publiques, d’attaché de presse, de fonctionnaire et d’agent public contractuel. Selon la convention collective, une entreprise de presse ne peut pas employer plus de trois mois un journaliste sans carte de l’année en cours, ou sans que la carte ait été demandée.
Pour comparer ces filières avec d’autres choix après le bac, l’article Diplomeo : un appui stratégique pour choisir sa voie après le bac présente une aide à l’orientation.
Questions fréquentes
Combien d’écoles de journalisme existent en France ?
L’Onisep recense une trentaine d’écoles, dont 16 sont reconnues par la CPNEJ. Les autres, comme l’ISCPA, l’EDJ, l’IEJ, l’EFJ, l’ESJ Paris ou Narratiiv, sont accessibles de bac à bac+3 selon les cursus, sur dossier, tests ou entretien, pour des formations de 1 à 4 ans.
Un diplôme d’école non reconnue est-il valable ?
Pas toujours. L’Onisep prévient que les diplômes des écoles non reconnues par la profession ne sont pas systématiquement reconnus par l’État, et que leurs frais de scolarité peuvent être élevés. Avant de s’inscrire, vérifiez le niveau du diplôme dans le Répertoire national des certifications professionnelles de France compétences.
Peut-on faire ses études de journalisme en alternance ?
Oui, plusieurs écoles proposent un cursus en apprentissage, ce qui permet une prise en charge des frais de scolarité par l’employeur. La liste des écoles concernées se demande directement aux établissements.
Les IEP mènent-ils au journalisme ?
Ils peuvent constituer une bonne formation de base. L’IEP de Lille et l’ESJ Lille proposent un cursus commun débouchant sur un double diplôme, et l’EJDG de Grenoble associe un master de journalisme à un diplôme de l’IEP de Grenoble.
Peut-on se spécialiser en journalisme scientifique ou sportif ?
Oui, dans certaines écoles. L’ESJ Lille dispense une filière de journaliste scientifique intégrée à son diplôme généraliste, ainsi que des spécialisations de journaliste sportif et de journaliste de proximité. L’IFP met l’accent sur les questions économiques, juridiques et déontologiques.
Sources
Sources consultées le 25 octobre 2026, présentées sans liens cliquables.
- CPNEJ, « Les cursus de journalisme reconnus par le CPNEJ », cpnej.fr. https://cpnej.fr/les-cursus-de-journalisme-reconnus-par-le-cpnej/
- Onisep, « Les écoles de journalisme », onisep.fr, 21 janvier 2026. https://www.onisep.fr/formation/les-principaux-domaines-de-formation/les-ecoles-de-journalisme
- Onisep, « Les formations pour exercer dans le journalisme », onisep.fr, 20 janvier 2026. https://www.onisep.fr/metier/decouvrir-le-monde-professionnel/journalisme/les-formations-pour-exercer-dans-le-journalisme
- France Travail, « La carte de presse », francetravail.fr. https://www.francetravail.fr/actualites/le-dossier/fonction-support/journalisme-1/la-carte-de-presse.html


