Appelle-moi ou appelles-moi : la bonne orthographe

Demander à un collègue de téléphoner est l’une des phrases les plus courantes des mails de service, et l’une de celles où l’on hésite : un s en trop, un trait d’union oublié, un « appel » pris pour un verbe. Appelle-moi ou appelles-moi : la question revient aussi bien dans un courrier soigné que dans un message rapide, et une faute dans une phrase aussi courte se remarque d’autant plus.
En bref
- On écrit « appelle-moi », sans s et avec un trait d’union : à l’impératif, les verbes du premier groupe se terminent par -e à la deuxième personne du singulier, d’après l’Académie française.
- Le s revient seulement devant les pronoms en et y : « appelles-en un autre ».
- Avec « vous », on écrit « appelez-moi » ; à la forme négative, le pronom passe devant le verbe et le trait d’union disparaît : « ne m’appelle pas ».
- « Rappelle-moi » suit la même règle, et « appel » est un nom : « appel-moi » est une faute.
Faut-il un s à « appelle-moi » ?
Non : « appelle-moi » s’écrit sans s, car l’impératif du verbe appeler à la deuxième personne du singulier est « appelle ».
L’Académie française rappelle qu’au présent de l’impératif, à la deuxième personne du singulier, les verbes du premier groupe se terminent par un -e (chante, mange) et non par -es. Le Larousse donne pour appeler les trois formes de l’impératif présent : « appelle », « appelons », « appelez ». La confusion vient de l’indicatif présent, où l’on écrit « tu appelles » avec un s : « Tu m’appelles demain ? » est une question ou une affirmation, « Appelle-moi demain » est un ordre ou une demande.
| Forme | Emploi dans un message professionnel |
|---|---|
| Appelle-moi dès que tu as lu ce message. | Impératif, tutoiement : demande à un collègue |
| Appelez-moi dès que possible. | Impératif, vouvoiement |
| Tu m’appelles demain matin ? | Indicatif présent : le s est celui du verbe conjugué |
| Si ce candidat ne convient pas, appelles-en un autre. | Impératif devant « en » : s d’euphonie |
| Ne m’appelle pas avant 10 h. | Forme négative : pas de trait d’union |
| Appelles-moi, appel-moi | Fautes : s en trop, ou nom « appel » à la place du verbe |
Pourquoi un trait d’union entre « appelle » et « moi » ?
Parce qu’à la forme affirmative de l’impératif, le pronom complément suit directement le verbe et s’y rattache par un trait d’union.
L’Académie française donne la règle avec les exemples « dis-le » et « mange-les » : lorsqu’il y a un seul pronom complément, celui-ci suit l’impératif auquel il est uni par un trait d’union. « Appelle-moi », « appelez-moi » et « appelons-nous » s’écrivent donc avec un trait d’union, dans un mail comme dans un courrier.
Deux cas font disparaître ce trait d’union. À la forme négative, le complément précède le verbe : l’Académie cite « ne le laisse pas », d’où « ne m’appelle pas » dans un message de service. Et lorsque le pronom se rattache à un infinitif, il se place devant cet infinitif sans trait d’union : l’Office québécois de la langue française donne « viens nous le dire », et l’on écrit de même « viens m’appeler quand tu auras fini ».
Quand écrit-on « appelles-en » avec un s ?
Le s réapparaît lorsque l’impératif est suivi du pronom en ou du pronom y, pour des raisons d’euphonie.
L’Académie française écrit que l’on ajoute alors un s, que l’on lie au verbe par un trait d’union : « vas-y », « manges-en ». L’Office québécois précise que ce s s’ajoute quand le verbe ne se termine pas déjà par un s, avec les exemples « penses-y » et « donnes-en ». Pour appeler, cela donne « appelles-en un autre » ou « appelles-y le service concerné ».
La règle ne joue pas si en ou y dépendent d’un infinitif : l’Académie écrit « va en chercher », sans s ni trait d’union. On écrit donc « Va en appeler un autre », et non « Vas-en appeler un autre ».
Comment écrire « appelez-moi », « appelons-nous » et l’ordre des pronoms ?
Avec « vous » et « nous », l’impératif prend ses formes régulières « appelez » et « appelons », toujours reliées au pronom par un trait d’union.
On écrit « Appelez-moi dès que le dossier est complet » pour s’adresser à une ou plusieurs personnes que l’on vouvoie, et « Appelons-nous demain pour faire le point » pour proposer un échange entre collègues. Quand deux pronoms suivent le verbe, l’Académie française place le complément direct en premier et utilise deux traits d’union : « donne-le-lui », « fais-le-moi savoir ». L’usage populaire qui place d’abord la première personne (« donne-moi-le ») est à proscrire, ce que confirme l’Office québécois, qui recommande « donne-le-moi », surtout à l’écrit. Dans un mail, on écrira donc « Envoie-le-moi avant midi ». Avec en, l’apostrophe remplace le trait d’union : « donnez-m’en un kilo », « laisse-m’en ».
Quelle formule choisir pour demander un appel dans un mail professionnel ?
L’impératif convient entre collègues qui se tutoient ; à un client, un supérieur ou un interlocuteur que l’on connaît peu, le conditionnel adoucit la demande.
L’Office québécois de la langue française explique que le conditionnel sert à adoucir un conseil, une demande ou un ordre, présenté comme une possibilité plutôt que comme une exigence. Son exemple, « Pourriez-vous me prêter un crayon, je vous prie ? », se transpose en « Pourriez-vous m’appeler dès que vous aurez reçu les documents ? ». Le présent ou le futur restent possibles, mais rendent la demande plus catégorique.
| Interlocuteur | Formule possible |
|---|---|
| Collègue que l’on tutoie | Appelle-moi quand tu as cinq minutes. |
| Collègue que l’on vouvoie | Appelez-moi quand vous aurez cinq minutes. |
| Client, supérieur, première prise de contact | Pourriez-vous m’appeler quand vous serez disponible ? |
| Rendez-vous d’entretien à confirmer | Pourriez-vous m’appeler pour confirmer l’horaire ? |
Pour proposer un créneau dans le même mail, l’hésitation suivante porte souvent sur le futur et le conditionnel : je serai ou je serais disponible.
Questions fréquentes
Pourquoi écrit-on « tu m’appelles » avec un s ?
Parce qu’il s’agit de l’indicatif présent, où le Larousse conjugue « j’appelle », « tu appelles », « il appelle ». Le s de la deuxième personne appartient à ce temps. À l’impératif, le verbe perd ce s : « tu m’appelles ce soir ? » devient « appelle-moi ce soir ».
Faut-il écrire « rappelle-moi » ou « rappelles-moi » ?
On écrit « rappelle-moi », sans s : le Larousse donne pour rappeler l’impératif présent « rappelle », « rappelons », « rappelez ». La recherche « rappelles moi » correspond à une erreur de même nature que « appelles-moi ». Le verbe a, comme appeler, une alternance entre -ll- et -l- : « il rappelle », « nous rappelons ».
Comment éviter « appel-moi » ou « appeler-moi » ?
« Appel » est un nom masculin, que le Larousse définit comme l’invitation à venir adressée par la voix ou par tout autre moyen : on écrit « votre appel de ce matin », jamais « appel-moi ». L’infinitif « appeler » ne s’emploie pas non plus à l’impératif : « appeler-moi » est incorrect, on écrit « appelez-moi » ou « appelle-moi ».
Combien de l faut-il dans « appelle » ?
Deux, à l’impératif singulier comme à toutes les formes où le verbe se termine par un e muet : « appelle ». Le Larousse signale l’alternance : « il appelle » avec deux l, mais « nous appelons » avec un seul. « Apelle-moi » est une faute.
Faut-il un s dans « appelle-le » ou « appelle-les » ?
Non : le s d’euphonie ne s’ajoute que devant en et y. Les pronoms le, la et les se comportent comme dans les exemples de l’Académie française, « dis-le » et « mange-les » : on écrit « appelle-le dès demain » et « appelle-les avant la réunion », sans s.
Sources
Sources consultées le 24 octobre 2026, présentées sans liens cliquables.
- Académie française, Dictionnaire de l’Académie française, 9e édition, « Questions de langue », rubrique « Impératif ». Adresse : https://dictionnaire-academie.fr/article/QDL040
- Larousse, « Conjugaison : appeler (verbe transitif) ». Adresse : https://www.larousse.fr/conjugaison/francais/appeler/482
- Larousse, « Conjugaison : rappeler (verbe transitif) ». Adresse : https://www.larousse.fr/conjugaison/francais/rappeler/
- Larousse, « Définitions : appel », Dictionnaire de français. Adresse : https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/appel/
- Office québécois de la langue française, Vitrine linguistique, « Pronoms personnels employés avec un verbe à l’impératif ». Adresse : https://vitrinelinguistique.oqlf.gouv.qc.ca/24206/la-grammaire/les-pronoms/pronoms-personnels/pronoms-personnels-employes-avec-un-verbe-a-limperatif
- Office québécois de la langue française, Vitrine linguistique, « Valeur modale du conditionnel ». Adresse : https://vitrinelinguistique.oqlf.gouv.qc.ca/24148/la-grammaire/le-verbe/temps-grammaticaux/conditionnel/valeur-modale-du-conditionnel


