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J’aimerais ou j’aimerai : conditionnel ou futur

24 octobre 20266 min de lecturePar la rédaction

Salle de réunion vide avec table longue, ordinateurs fermés et carafe d’eau à la lumière du matin

Une demande à un collègue, une question à un fournisseur, une candidature : le mail professionnel commence souvent par « j’aimerais » ou par « j’aimerai ». À l’écrit, un seul s sépare les deux formes, et il change la nature de la phrase. Hésiter entre j’aimerai ou j’aimerais n’a rien d’anodin quand le message part chez un client ou un supérieur : une faute dans la première ligne se remarque avant même la demande.

En bref

  • Pour exprimer un souhait ou formuler une demande polie, on écrit « j’aimerais » avec un s : c’est le conditionnel présent de aimer.
  • « J’aimerai » sans s est le futur simple : il ne convient que pour dire ce qu’on aimera plus tard, et presque jamais pour demander quelque chose.
  • Le test le plus fiable consiste à passer à « nous » : « nous aimerions » donne j’aimerais, « nous aimerons » donne j’aimerai.
  • La règle vaut pour tous les messages, du courrier formel à la messagerie interne de l’entreprise.

J’aimerais ou j’aimerai : quelle forme écrire pour un souhait dans un mail ?

Pour un souhait, une demande ou une question polie, on écrit « j’aimerais », avec un s final.

Le Dictionnaire de l’Académie française donne en tête de l’article « aimer » les formes « j’aimerai ; j’aimerais » à la suite l’une de l’autre, et le Larousse les range dans deux temps différents : « j’aimerai » au futur simple, « j’aimerais » au conditionnel présent. Quand un message exprime une envie ou une demande, c’est le conditionnel qui s’emploie : « J’aimerais connaître vos disponibilités », « J’aimerais savoir si le dossier a bien été reçu ».

La faute la plus fréquente consiste à retirer le s par réflexe et à écrire « J’aimerai savoir… » ou « J’aimerai bien… » pour demander une information. Dans ces phrases, rien n’est à venir : la personne formule un souhait présent, et le conditionnel s’impose.

Phrase de mailFormeTemps
J’aimerais connaître la date de livraison.j’aimeraisConditionnel présent : demande polie
J’aimerais vous rencontrer la semaine prochaine.j’aimeraisConditionnel présent : souhait
J’aimerais bien avoir votre avis sur ce point.j’aimeraisConditionnel présent : demande adoucie
J’aimerai toujours ce métier.j’aimeraiFutur simple : état à venir, annoncé comme certain

Quelle différence entre le futur et le conditionnel de aimer ?

Le futur simple présente une action ou un état à venir comme un fait, alors que le conditionnel présente une possibilité, un souhait ou une demande atténuée.

L’Office québécois de la langue française définit le futur simple comme un temps qui permet d’évoquer des actions ou des états à venir à partir du moment présent, avec des exemples comme « Pierre prendra sa retraite dans deux ans » ou « Je ne me marierai jamais ». Avec « j’aimerai », la personne annonce donc un sentiment futur sans réserve : « J’aimerai toujours travailler avec cette équipe » est une affirmation.

Le même organisme explique que le conditionnel sert à adoucir un conseil, une demande ou un ordre en les présentant comme des possibilités, alors que le présent ou le futur sonneraient plus catégoriques. Il cite « Je souhaiterais vous rencontrer lorsque vous aurez un peu de temps » et « Pourriez-vous me prêter un crayon, je vous prie ? ». « J’aimerais » fonctionne de la même manière : dans « J’aimerais échanger avec vous sur ce dossier », on ne décide rien, on propose.

Comment vérifier en quelques secondes s’il faut un s à « j’aimerais » ?

Il suffit de remplacer « je » par « nous » : si « nous aimerions » convient, on écrit j’aimerais avec un s ; si « nous aimerons » convient, on écrit j’aimerai sans s.

Le Larousse donne en effet « nous aimerons » au futur simple et « nous aimerions » au conditionnel présent. Appliqué aux phrases d’un mail : « Nous aimerions connaître vos disponibilités » est naturel, donc « J’aimerais connaître vos disponibilités » prend un s. « Nous aimerons ce nouveau poste » est naturel, donc « J’aimerai ce nouveau poste » s’écrit sans s, à condition que l’idée soit bien celle d’un avenir présenté comme sûr.

Le test avec « tu » ne départage pas les deux temps, car le Larousse écrit « tu aimeras » au futur et « tu aimerais » au conditionnel : les deux se terminent par un s. Le passage à « il » fonctionne, lui : « il aimera » pour le futur, « il aimerait » pour le conditionnel.

Comment formuler une demande polie dans un mail professionnel ?

On met le verbe au conditionnel présent : « j’aimerais », « je souhaiterais » ou, pour interroger directement, « pourriez-vous ».

Tous ces verbes suivent la même logique : le conditionnel atténue la demande. Les formes du Larousse pour aimer montrent aussi comment adapter la phrase selon la personne : « aimerais-tu » avec un collègue que l’on tutoie, « aimeriez-vous » avec un interlocuteur que l’on vouvoie, « aimerait » quand on parle d’un tiers.

SituationFormule possible
Demander une information à un fournisseurJ’aimerais savoir si cette référence est disponible.
Proposer un échange à un supérieurJe souhaiterais vous rencontrer pour faire le point.
Inviter un collègue que l’on tutoieAimerais-tu relire ce document avant l’envoi ?
Inviter un collègue que l’on vouvoieAimeriez-vous participer à la réunion de jeudi ?
Parler au nom d’un responsableMadame Martin aimerait vous recevoir mardi.

Quand la demande porte sur un appel, la même nuance entre ordre et demande se retrouve dans appelle-moi ou appelles-moi. Pour proposer ensuite un créneau, l’hésitation voisine entre futur et conditionnel concerne je serai ou je serais disponible.

Quand « j’aimerai » sans s est-il correct dans un message professionnel ?

Seulement quand la phrase parle d’un état à venir que l’on affirme, ce qui est rare dans une demande.

Le futur simple peut aussi exprimer un fait soumis à une condition, selon l’OQLF, avec des exemples comme « Si tu acceptes, tu ne le regretteras pas ». Dans un message de travail, cela donne : « Si l’équipe me confie ce projet, j’aimerai le mener jusqu’au bout. » La phrase annonce un sentiment futur, conditionné par un événement. Le même raisonnement vaut pour « j’aimerai bien » : « bien » ne change pas le temps du verbe. Si la phrase exprime un souhait, ce sera « j’aimerais bien ».

Questions fréquentes

Faut-il écrire « j’aimerai bien » ou « j’aimerais bien » ?

Dans une phrase de souhait ou de demande, on écrit « j’aimerais bien », car l’adverbe « bien » adoucit la phrase mais ne modifie pas la conjugaison. « J’aimerais bien avoir votre retour d’ici vendredi » prend donc un s. Sans s, la phrase annoncerait un état à venir présenté comme certain.

Comment écrire un souhait qui n’a pas pu se réaliser ?

On emploie le conditionnel passé : « J’aurais aimé vous parler de mon projet » figure parmi les exemples de l’OQLF pour la valeur de politesse du conditionnel. Dans un mail, « J’aurais aimé assister à la réunion, mais j’étais en déplacement » exprime un regret en restant courtois.

Que faut-il écrire pour parler d’un collègue : « aimera » ou « aimerait » ?

Le Larousse donne « il aimera » au futur et « il aimerait » au conditionnel. « Mon directeur aimerait vous rencontrer » exprime un souhait, donc le t final s’impose. « Mon directeur aimera ce projet » annonce une réaction à venir.

La règle change-t-elle sur la messagerie interne ou dans un message court ?

Non, car elle relève de la conjugaison et non du support. Dans un message instantané, « J’aimerais te poser une question » s’écrit comme dans un courrier formel. Seul le tutoiement ou le vouvoiement varie selon l’interlocuteur.

« Je souhaiterais » obéit-il à la même règle que « j’aimerais » ?

Oui sur le principe : un souhait ou une demande polie appelle le conditionnel. L’OQLF cite « Je souhaiterais vous rencontrer lorsque vous aurez un peu de temps » comme exemple de conditionnel de politesse. Dans un mail, « Je souhaiterais obtenir un rendez-vous » est donc au même temps que « J’aimerais obtenir un rendez-vous ».

Sources

Sources consultées le 24 octobre 2026, présentées sans liens cliquables.

  • Académie française, Dictionnaire de l’Académie française, 9e édition, article « aimer ». Adresse : https://dictionnaire-academie.fr/article/A9A1016
  • Larousse, « Conjugaison : aimer (verbe transitif) », conjugueur. Adresse : https://www.larousse.fr/conjugaison/francais/aimer/
  • Office québécois de la langue française, Vitrine linguistique, « Le futur simple ». Adresse : https://vitrinelinguistique.oqlf.gouv.qc.ca/24127/la-grammaire/le-verbe/temps-grammaticaux/futur/le-futur-simple
  • Office québécois de la langue française, Vitrine linguistique, « Valeur modale du conditionnel ». Adresse : https://vitrinelinguistique.oqlf.gouv.qc.ca/24148/la-grammaire/le-verbe/temps-grammaticaux/conditionnel/valeur-modale-du-conditionnel

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